C’est un fait ! La Chine est de plus en plus présente en Afrique. Les formes que prennent ses interventions sont toutes autant différentes de celles des partenaires « traditionnels » des pays les moins avancés. Ceci est particulièrement vrai pour le financement des infrastructures de développement. En effet, les anciennes métropoles et autres pays occidentaux ont toujours privilégié l’assistance technique et financière plutôt « invisible », c’est-à-dire celle pour laquelle les donateurs ne sont pas directement, ou tout au moins visiblement, liés à l’exécution de l’objet de cette assistance. À l’opposé, la Chine innove en étant présente physiquement sur le terrain. En effet, l’intervention de la Chine est visible, non pas seulement à travers un drapeau ou une plaque commémorative, mais bien davantage par la présence de chinois sur le terrain tout au long du processus. Bien entendu, cela ne se fait pas sans heurts avec les conflits entre travailleurs et la gestion des flux migratoires temporaires. Cependant, de plus en plus d’observateurs notent un avantage largement sous-estimé, semble-t-il : cette présence et l’exécution des travaux par/avec les chinois auraient aussi le mérite de contribuer à la réduction de la corruption, tant décriée dans les pays en développement, des élites et des gouvernants.

Se pose alors deux questions. D’une part, si cet avantage comparatif est si significatif, pourquoi alors ne pas la généraliser, sous une forme ou une autre et bien sûr à certaines conditions, à tous les partenaires techniques et financiers des pays en développement ? D’autre part, cette forme d’assistance technique n’a-t-elle pas seulement le mérite de déplacer le maillon visible de la corruption à un niveau inaccessible pour les observateurs, en l’occurrence lors de la signature de contrats et des conditionnalités qui y vont avec ?

Print this page